LES CRAMÉS DE LA BOBINE

Espace de croisements et de rencontres.

lundi 12 novembre 2018 par Françoise

« Si on ouvrait les gens, on trouverait des paysages. Moi, si on m ‘ouvrait on trouverait des plages ». Agnès Varda.

A 80 ans ( en mai 2008 ) Agnès Varda photographe, scénariste, réalisatrice…se retourne sur sa vie ( depuis sa conception à Arles d’où son prénom Arlette ) ainsi que sur les vies de toutes celles et ceux qu’elle a croisé : compagnon, enfants, amis, artistes, mélangeant éléments personnels et professionnels, pour confectionner un tableau unique où Art et vie se mêlent.
Pour structurer ces vies croisées, A. Varda a cherché le fil rouge conducteur de ces lieux et personnages et elle a choisi … les plages.
Parce que la plage est « raccord entre la mer et la terre » et se définit comme un espace de croisements et de rencontres.
Les plages sont celles que l’on voit dans le film, celles du nord ( de la Belgique ) du Sud (Sète) la plage artificielle, telle celle qui a été reconstituée rue Daguerre dans le XIV° avec les bureaux de Ciné-Tamaris la société de production de Varda, les plages de l’ouest à Noirmoutier où Jacques Demy et A.V. avaient acheté une maison et un jardin qui abrite le sublime tombeau de Zgougou, la chatte de la famille, une européenne tigrée offerte à Jacques par sa monteuse Sabine Mamou. ( Tombeau sublime car formé de myriades de coquillages colorés qui est une véritable œuvre plastique ).
Enfin plages californiennes de L.A et Venice Beach.

Ce film est multiple tant dans ses sujets que ses formes artistiques.
Le sujet central est l’autoportrait où Agnès V. relate son histoire personnelle, se montre à l’image avec humour, auto - dérision et émotion.
Le film évoque aussi des évènements historiques ; la deuxième guerre mondiale, la traque des enfants juifs, la guerre d’Algérie, Mai 68, les mouvements féministes et ceux des Noirs américains.
Elle rend aussi hommage à tous les êtres chers, ceux de sa famille ( Jacques Demy son grand amour en premier ) aux artistes qui ont compté – de Picasso à J. Vilar en passant par G. Philippe et C. Marker et aux œuvres d ‘art auxquelles elle est attachée ( Magritte).

Les formes artistiques s’adaptent à ce foisonnement de rencontres, par l’utilisation récurrente du collage qui permet la rencontre entre des temporalités et des spatialités de natures différentes ( c’est une spécialité vardienne ). En amont du tournage elle a réalisé un travail de documentaliste – archiviste, réunissant un vaste corpus visuel ( photos, films, peintures ) et sonore ( musiques classiques, chansons populaires, musiques de films).
Ce qui permet un travail sur la mémoire, où comment le cinéma utilise des souvenirs pour en faire un film et un tableau du présent.
Pour finir, l’un des objectifs du film
est la volonté de servir l’autoportrait pour mettre en lumière les autres.
« C’est un film très personnel qui parle presque plus des autres que de moi »

Ce très beau documentaire autobiographique a remporté de nombreux prix dont le César du meilleur documentaire en 2009 et nous montre qu’à 80 ans tous les espoirs sont encore permis !


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