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Ceci n’est pas un film

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Ceci n’est pas un film (Ceci n’est pas un film)

mardi 29 novembre 2011 par Cramés

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Semaine du 24 au 29 novembre 2011

Soirée-débat mardi 29 novembre à 20h15

Film iranien (vo, 1h15, septembre 2011) de Jafar Panahi , Mojtaba Mirtahmasb avec Jafar Panahi.

Titre original : In Film Nist


Synopsis : Depuis des mois, Jafar Panahi attend le verdict de la cour d’appel. A travers la représentation d’une journée dans la vie de Jafar Panahi, Jafar et un autre cinéaste iranien, Mojtaba Mirtahmasb, nous proposent un aperçu de la situation actuelle du cinéma iranien.



Petite revue du net pour "Ceci n’est pas un film" (Ceci n’est pas un film)

lundi 7 novembre 2011 par Cramés

Sarah Elkaïm

Vacillant entre moments de frustration et de désespoir de Panahi et scènes d’exacerbation de la créativité, Ceci n’est pas un film est le cri de rage d’un cinéaste empêché. Ceci est la force, l’angoisse et la beauté d’un geste cinématographique hors cadre. Ceci est tout un monde dans un objet filmique inattendu. « Un film n’est jamais ce qu’on raconte, mais ce qu’on réalise. » Précisément. Jafar Panahi a réalisé Ceci n’est pas un film, et ceci est un film. Et un grand.

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Jacques Mandelbaum

Rappeler d’abord que Panahi, 51 ans, et cinq longs métrages à son actif depuis 1995 (dont ces chefs-d’oeuvre que sont Le Cercle, 2001, et Sang et or, 2004), est avec Abbas Kiarostami l’un des plus grands cinéastes vivants, et le fer de lance de ce "néoréalisme" persan qui fait trembler depuis quelques décennies le cinéma et le pouvoir iraniens sur leur base.

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Un cinéaste assigné à résidence (Ceci n’est pas un film)

samedi 19 novembre 2011 par Claude

Depuis des mois, Jafar Panahi attend le verdict de la cour d’appel. A travers la représentation d’une journée dans la vie du cinéaste, Jafar et un autre cinéaste iranien, Motjaba Mirtahmasb, nous proposent un aperçu de la situation du cinéma iranien.

Comment quand on est réalisateur, faire un film depuis son appartement, sans caméra, sans chef opérateur, sans preneur de son - écrit Sarah Elkaïm (Critikat) ? En vivant en Iran, interdit d’exercer son métier. En livrant à la petite caméra DV d’un ami, autre réalisateur, sa frustration (…) De ces bouts de rien travaillés par un montage haletant, les cinéastes livrent un objet filmique inattendu : face caméra, un quinquagénaire, pas très bien réveillé, prend son petit déjeuner. La bande-son égrène le craquement du pain, la sonnerie du mobile. Mais l’homme ne peut pas parler au téléphone (…)

Cet homme, c’est Jafar Panahi, avec Abbas Kiarostami, le grand cinéaste iranien. Voilà de longs mois qu’il est assigné à résidence. Condamné, par les autorités, à six ans de prison et à vingt années d’interdiction d’exercer son métier. Depuis, Mirtahmasb est aussi devenu "un empêché". Le 5 septembre, alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour le festival de Toronto, leur film sous le bras, puis à Paris, il s’est vu confisquer son passeport… puis arrêté. Le cinéaste ne peut sortir ? Qu’importe, il reconstruit l’espace de son "film rêvé" sur le tapis de son salon. Du geste simple de laisser la fenêtre de son balcon ouverte surgit un autre personnage : la ville de Téhéran elle-même…"



Ceci n’est pas un film (bande annonce) (Ceci n’est pas un film)

lundi 7 novembre 2011 par Cramés


Ceci n’est pas un film (journal des débats) (Ceci n’est pas un film)

mardi 6 décembre 2011 par Claude

"Ceci n’est pas un film" de Jafar Panahi et Motjaba Murtahmasb est une oeuvre étonnante dont le titre paradoxal, voire provocateur dit, au-delà de la référence surréaliste à Magritte, l’impossibilité politique ou pratique et pourtant la réalité têtue, irréfragable. On sait, avec le théâtre classique, les grands rhétoriqueurs ou les exercices de style oulipiens, à quel point la contrainte formelle, les codes moraux ou politiques, peuvent s’avérer envers et contre...tous créateurs, voire prolifiques : on sait aussi que les dictatures n’ont jamais pu étouffer les voix d’un Lorca ou d’un Jara quand bien elles ont pu s’en prendre aux corps, les supprimer ou les mutiler.

Plus rare est ce film minimal et véritablement funambulique, entre vacuité et émotion, entre absence de moyens et présence fulgurante de l’art, récit d’une journée de réclusion - d’assignation à résidence - qui parvient à nous captiver par les petits riens du quotidien, à constituer un acte de résistance, voire de révolte contre le pouvoir iranien, par la grâce d’une caméra vidéo ou d’un portable et à proposer une réflexion spéculaire sur le cinéma et plus généralement sur la création artistique par le jeu de l’acteur, la lecture ou la mise en scène d’un scénario sur le tapis d’un salon – sans oublier les DVD et extraits de ses films que le cinéaste passe sur sa télévision.

Quand Big Brother est au pouvoir et que les télécrans nous surveillent, la seule ressource est de leur opposer nos propres images et notre création passée dans le huis-clos étouffant d’un appartement ; au présent, et c’est déjà beaucoup, nous ne pouvons que jouer avec la censure, en la contournant ou en exploitant ses failles, puisqu’après tout celle-ci n’interdit à la lettre ni de jouer ni lire un scénario – même si elle vous emprisonne ou vous assigne à résidence pendant 6 ans et qu’elle vous interdit de tourner des films, de voyager ou d’accorder des interview aux médias pendant 20 ans. La genèse et les avatars de ce film constituent un véritable défi aux autorités puisque Jafar Panahi, membre théorique du jury de Cannes 2010 présidé par Tim Burton, n’avait pu s’y rendre, représenté par une chaise vide symbolique, que ce film nous est malgré tout parvenu dans une clé USB cachée dans un gâteau transmis par une femme aux responsables du dernier festival : et, comme si cela ne suffisait pas, son compère Murtahmasb qui vient le filmer dans son appartement a lui aussi été inquiété par le pouvoir et appréhendé à l’aéroport de Téhéran alors qu’il se rendait en France pour tenter de promouvoir le film.

Paradoxe de cette œuvre vécu en son temps par Flaubert pour "Madame Bovary" ou dans "Une vie" de Maupassant : comment traduire l’ennui sans ennuyer ? Toujours est-il qu’ici on ne s’ennuie pas un seul instant, entre les coups de fil à l’avocate – une femme oui luttant contre la dictature – les tribulations d’un iguane sur le canapé - métaphore de l’artiste entravé, condamné à de subtiles et modestes contorsions ? - la leçon de cinéma avec le scénario spéculaire d’une jeune femme de famille ouvrière conservatrice à qui ses parents interdisent de poursuivre des études de beaux-arts à Téhéran – les repérages au scotch animant pourtant l’espace, portes, couloirs, faux ami mouchard, suscitant jusqu’à des bribes de dialogue, le film "Le Miroir" où la jeune actrice refuse de tourner, l’irruption du concierge remplaçant, lui aussi étudiant, racontant sa vie, ses peurs et ses hantises... La réclusion parvient par un dernier paradoxe sinon à résister à l’oppression, du moins à faire un dernier pied de nez au régime, avec le passé du gardien, la verticalité de l’échappée dans l’ascenseur, la sortie jusqu’à la grille de l’immeuble : la fenêtre ouverte sur la ville en liesse et les feux d’artifice de la Fête du feu proclament la force du refus comme autant de lueurs d’espoir ou de détonations de révolte.



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