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Timbuktu

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Fiche
(Timbuktu)

dimanche 21 décembre 2014 par Cramés

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Semaine du 29 janvier au 3 février 2015
Soirée-débat mardi 3 février
Prix du Jury Oecuménique et Prix François Chalais pour Abderrahmane Sissako au Festival de Cannes 2014, Bayard d’Or du Meilleur Film au Festival international du film francophone de Namur

Présenté par Henri Fabre

Film mauritanien (vo, décembre 2014, 1h37) de Abderrahmane Sissako avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki et Abel Jafri

Synopsis : Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.
En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée.
Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

*** Article de Henri *** Bande annonce *** Horaires


Présentation (Timbuktu)

lundi 2 février 2015 par Henri

Film d’Abderrahmane Sissako (1h37) sorti en décembre 2014.
Ce film aurait pu décrocher la Palme d’or à Cannes s’il n’y avait pas eu la rude concurrence de Winter Sleep ,
Il a cependant été récompensé par le Prix du Jury Oecuménique (1)par le Prix François Chalais (2) et a également reçu le Bayard d’Or du Meilleur Film au Festival international du film francophone de Namur.
Il est en lice pour le César du meilleur film et est retenu dans la course pour l’Oscar du meilleur film étranger (9 films retenus sur 83)

Le Réalisateur

Ce film est le 4ème long-métrage d’Abderrahmane Sissako, né en 1961 à Kiffa en Mauritanie, sa famille émigre au Mali, où il suit une partie de ses études primaires et secondaires. Après un court retour en 1980 en Mauritanie, il part en Union Soviétique, à Moscou de 1983 à 1989., où il étudie le cinéma - comme d’autres cinéastes africains francophones avant lui : Ousmane Sembène, Souleymane Cissé, Idrissa Ouedraogo. Au début des années 1990, Abderrahmane Sissako s’installe en France.

Le thème principal de son œuvre est l’exil, le déplacement. Il peint l’Afrique avec des touches autobiographiques

1998 :La Vie sur terre tourné au Mali dans le village de son père. ce film est une attaque à la fois virulente et légère sur l’état d’abandon dans lequel les autorités locales et internationales laissent les habitants du Mali qui n’ont pas émigrés.
2002 : En attendant le bonheur inspiré au cinéaste par son bref retour en Mauritanie en 1980 dans le village de sa mère avant son départ pour Moscou. Tourné sur la côte mauritanienne ou de très nombreux candidats à l’émigration vers l’Europe sont en transit ’en attendant le bonheur »
2006 : Bamako, procès du FMI et de la Banque mondiale réunis, rendus responsables de la paupérisation de la plupart des pays d’Afrique subsaharienne.

Abderrahmane Sissako donne cette définition du cinéaste africain, « c’est un artiste venu d’un territoire presque désertique, du point de vue de son art. Quand il arrive à faire un film, il est envahi par le sujet, qui devient plus politique. C’est comme s’il devenait porte-parole."
En donnant cette définition il pense surtout au Sénégalais Sembene Ousmane, primé au Festival de Venise pour Le Mandat , et au Malien Souleymane Cissé , Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes en 1987 pour Yeelen. Mais On verra que la définition qu’il donne du cinéaste africain peut aussi s’appliquer à lui.

Le film

Le contexte historique

À partir de l’indépendance le nord du Mali, l’Azawad est le terrain de nombreux conflits opposant l’armée malienne aux rebelles touaregs.
En 1963, trois ans après l’indépendance du Mali, éclate la première rébellion touarègue. Elle fut très durement réprimée par l’armée malienne.
En 1990, deux ans après la création du Mouvement populaire de libération de l’Azawad, (MNLA) a lieu une insurrection. Cela aboutit à la signature des accords de Tamanrasset en 1991 et du Pacte national en 1992.
En 2006, une nouvelle insurrection a lieu, aboutissant aux accords d’Alger, signés le 4 juillet 2006.
En 2012 une coalition de groupes salafistes (AQMI, Ansar Eddine, MUJAO…) s’empare du Nord-Mali et deTombouctou.
Ces groupes armés sont composés de combattants issus d’origines diverses : touaregs du MLNA, combattants du Polisario, de Bokoaram, de libye et aussi des français, des espagnols...
Ces forces y ont supplanté le MNLA, qui avait pris la ville en avril, et en seront elles-mêmes chassées par les armées française et malienne en janvier 2013.
Ces quelques mois auront permis aux islamistes radicaux d’imposer la charia, de brûler des mausolées et des manuscrits précieux, de faire régner la terreur et de se livrer aux pires exactions au nom de la foi.

Le film et les acteurs

L’idée du film est née de la lapidation à mort à Aguelkok en 2012 au Mali d’un couple ayant eu des enfants sans être mariés devant dieu. A l’origine l’intention du réalisateur était de faire un documentaire à Tombouctou mais pour des raisons de sécurité (malgré la présence de l’armée française des attentats ont lieu au milieu de la ville)
le film a été tourné en Mauritanie à Oualata et près de Kifa sous la protection de la police et de l’armée mauritanienne.
Pour la photo Abderrahmane Sissako à choisi Sofian El Fani. Ce film sera pour lui le onzième film ou il est Directeur de la photo. Auparavant à travaillé dans les 4 films d’ Abdellatif Kechiche L’Esquive La Graine et le mulet Vénus noire La Vie d’Adèle

La plupart des acteurs sont des amateurs :

Le juge est joué par le régisseur du film choisi au dernier moment,
Amadou le pécheur est un réfugié qui vient de Tombuktu et qui parle Songhaî, Bambara, Tamaschek (la langue des touaregs) ce qui est indispensable pour le film.
A Tombouctou les gens parlent au moins trois langues, les djihadistes étrangers auront besoin d’interprètes

Des acteurs professionnels

- Kidane l’éleveur Touareg est Ibrahim Ahmed dit Pino musicien du groupe Terakaft et comédien d’origine touareg, Pino a grandi à Gao. il vit actuellement à Madrid
- Satima qui tient le rôle de sa femme est Toulou Kiki une chanteuse du groupe de musique touareg Kel Assouf. Elle vit à Montreuil
- Abel Jafri : (Abdelkrim) acteur français, formé au théâtre d’aubervilliers, a tourné dans une vingtaine de film
Premier rôle au cinéma 1995 Nelly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet
Nous l’avons vu aux Cramés dans Les Chants de Mandrin de Rabah Ameur-Zaïmeche 
- Fatoumata Diawara (la chanteuse) chanteuse, comédienne et auteur-compositrice-interprète malienne vit entre Paris et Bamako

- Hichem Yacoubi (le djihadiste danseur) acteur, danseur français d’origine tunisienne, vu dans le Prophète d’Audiard et dans Azur & Asmar : de michel ocelot

- Kettly Noël (Zabou) est née à Port-au-Prince en Haïti où elle s’est d’abord initiée aux danses traditionnelles locales auprès de Viviane Gauthier. Après avoir vécu à Paris et à Cotonou au Bénin, elle réside dans la capitale malienne, Bamako, depuis 1999.

L’histoire

L’histoire se déroule à Tombouctou tombée sous le joug des djihadistes. Kidane éleveur touareg mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son berger
En ville, les habitants subissent, impuissants, un régime de terreur : Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football…
Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais à la suite d’un accident leur destin bascule ..



Bande_annonce (Timbuktu)

samedi 13 décembre 2014 par Cramés