Raphaëlle Pireyre
À partir de l’épisode de doute radical vécu par un plombier, le film traverse les différentes couches de la société italienne en s’interrogeant sur les façons de chacun d’organiser son temps et de gagner sa vie. Film-discours fortement engagé à gauche, Les Jours comptés ouvre la voie à la filmographie politique que Petri va construire jusqu’à la fin des années 1970.
Cécile Mury
Même si l’influence néoréaliste est présente dans chaque dialogue, dans chaque étape de cette quête sociale et humaine, le film se déploie, rencontre après rencontre, comme un conte philosophique, sur des questions vertigineuses : la valeur de l’existence, le rapport au temps et à la mort.
Elio Petri cité par
"I giorni contati a été écrit avant l’Assassino, en collaboration avec Tonino Guerra. Le film est dédié à mon père parce que mon père, qui était chaudronnier, un métier éreintant étant donné qu’on travaille avec des acides à des températures très élevées pour dissoudre l’étain et dans des ateliers qui ressemblent à l’enfer, était devenu très faible physiquement et avait arrêté de travailler. Je pensais que sa décision avait des raisons très profondes, mais nous n’en parlâmes pas. Pour l’époque c’était un film assez nouveau, par exemple par ce qui se disait sur le travail, même contre le travail, sur la répartition entre le temps de la vie et le temps du travail, à une époque où tout le monde parlait de la productivité comme d’un impératif catégorique. Le protagoniste mourrait, parce qu’il découvrait que le travail lui avait volé sa vie, parce qu’il découvrait qu’en réalité il n’avait jamais vécu sa vie."