LES CRAMÉS DE LA BOBINE

Présentation

dimanche 25 novembre 2012 par Danièle

Les jours comptés film italien d’Elio Petri (1h39) tourné en 1962, en noir et blanc qui n’est pas sorti en France à l’époque. Il a été numérisé puis restauré numériquement en 2011 par la cinémathèque de Bologne. Il est à noter que le directeur de la photographie du film, Ennio Guarnieri, a supervisé l’étalonnage (50 ans après). Ce film restauré est sorti en France (pour la première fois, donc) le 25 avril 2012.

 Salvo Randone

Salvo Randone, est un acteur italien né le 25 septembre 1906 à Syracuse et mort le 6 mars 1991.

Il est l’interprète principal de ce film. Il jouait déjà dans L’Assassin le premier film d’Elio Petri. On le retrouve en 1965 dans La dixième victime dElio Petri, en 1970 dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, pour un second rôle, celui d’un plombier encore une fois. Rappelons que le père d’Elio Petri était plombier chaudronnier. Elio Petri lui donnera encore un rôle en 1971 dans La classe ouvrière va au paradis.
Salvo Randone, assez méconnu, a pourtant joué avec les plus grands réalisateurs italiens :

 1961 Salvatore Giuliano de Francesco Rosi : Le président de la cour d’assises,

 1962 : Journal intime de Valerio Zurlini,

 1963 : Main basse sur la ville de Francesco Rosi,

 1968 : Histoires extraordinaires sketch de Federico Fellini,

 1969 : Satyricon de Federico Fellini.

 Tonino Guerra

C’est le coscénariste de ce film.

C’est un poète et scénariste italien qui a travaillé avec les plus grands, notamment Federico Fellini, Michelangelo Antonioni et les frères Taviani. Il est mort en mars 2012 à l’âge de 92 ans.

Son premier scenario était celui de Hommes et loups de Giuseppe De Santis et c’est à cette occasion qu’il a rencontré Elio Petri.

Il sera son coscénariste dans L’Assassin, Les Jours comptés et La Dixième victime.

« Tonino était une personne extraordinaire qui a réussi à traverser pratiquement un siècle de culture italienne. Nous avons perdu un poète, un génie, une personne merveilleuse » disait l’ex-ministre de la culture italien Walter Veltroni (ex-maire de Rome aussi).

 Rome, un des piliers des films d’Elio Petri

Rome est aussi un des acteurs du film car elle est présente dans chaque plan, dans sa misère ou son arrogance, dans son appétit féroce de modernité.
Ce film montre une sorte de chemin de croix dans cette ville.

 Le film

C’est l’histoire de Cesare interprété par Salvo Randone, qui assiste un jour, dans un tram, à la mort d’un inconnu. C’est pour lui un choc. Va-t-il-lui aussi s’effacer ainsi ? Combien de temps lui reste-t-il à vivre ? Il réalise que ses jours sont comptés.

C’est l’histoire du film et je n’en dirai pas plus.

Mais je vais attirer votre attention sur le fait qu’Elio Petri réalise un travail particulièrement soigné, grand amateur qu’il est de peinture et d’art moderne.
Ainsi, la mise en scène du début nous immerge sans façons dans le tohu bohu de la Rome laborieuse, dans les rues, dans le tram, travailleurs entassés avec leurs cris, leurs accents.

La camera habile d’Ennio Guarnieri, par ses cadrages serrés et bousculés insère le spectateur parmi les voyageurs. C’est le début d’une filature d’un homme ordinaire, Cesare, le plombier. Et c’est à travers son regard effaré que l’on assiste à l’instant où tout change, où la banalité quotidienne du prologue est rompue.


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