Son premier long-métrage date de 1961. C’est L’Assassin avec Marcello Mastroianni et Micheline Presle. Il réalise 13 longs-métrages entre 1961 et 1979. Les jours comptés est son deuxième long-métrage.
(Les liens renvoient vers les films que nous avons programmés)
On peut citer aussi :
– 1965 : La Dixième victime
– 1967 : A chacun son dû, adapté du livre de Leonardo Sciascia
Mais surtout en :
– 1970 : Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, Oscar du meilleur film étranger,
– 1971 : La classe ouvrière va au paradis, Palme d’or au Festival de Cannes en 1972 (et présenté dans le cadre de Ciné culte en 2011 à Montargis).
Avec ces 2 films, dont l’acteur principal est Gian Maria Volonte, Elio Petri acquiert une reconnaissance internationale.
Il a réalisé ensuite :
– 1973 : La propriété c’est plus le vol
– 1977 : Todo modo
– 1979 : Le Buone notizie (Les Bonnes Nouvelles)]
Elio Petri meurt en 1982 d’un cancer foudroyant à l’âge de 53 ans, l’âge de Cesare, le héros Des jours comptés.
Son cinéma
Elio Petri est un cinéaste engagé, à une époque où il était difficile de faire du cinéma politique en Italie où chaque film était évalué par une commission de censure.
Il va donc faire un cinéma indirectement politique, s’attachant au destin de ses personnages. Il explore ainsi une approche différente du film politique.
Son œuvre est remarquablement cohérente et elle fait de lui un des analystes les plus lucides et les plus désespérés de la schizophrénie contemporaine. Il nous fait le portrait de la société italienne, multiple et contradictoire.
Ses films sont de véritables coups de poings et n’ont rien de consensuel. Mais ce cinéaste est capable d’une remarquable justesse dans l’observation critique de la société et de ses travers. Les films de Petri se distinguent par une grande originalité sur le fond et sur la forme utilisant l’humour noir de façon percutante pour rendre sa critique sociale plus acerbe.
Ainsi, comme le dit la critique de Divergences, Christiane Passevant « Elio Petri est un cinéaste dérangeant et sans concession. Son œuvre de réalisateur et de scénariste s’est concentrée sur une série de personnages qui, avec leurs névroses, leurs problèmes mentaux et leurs phobies révèlent à différents niveaux comment la répression de la société capitaliste a un impact sur l’individu. Son cinéma est un cinéma de réflexion, de réflexions au pluriel qui génère la prise de conscience… Un cinéma engagé voire enragé »