Michel-Ange, le peuple et le marbre (Michel Ange).
Le réalisateur
Issu d’une famille d’intellectuels et d’artistes russes (il est né à Moscou en 1937). Il est le fils de l’écrivain Sergueï Mikhalkov et le frère du cinéaste Nikita Mikhalkov.
C’est un artiste multiple : scénariste, réalisateur, producteur, acteur et compositeur.
Se destinant à une carrière de pianiste, il étudie dix ans durant au Conservatoire de Moscou. Sa rencontre avec Andreï Tarkovsky, avec qui il co-écrit des scénarios (L’enfance d’Ivan, Andreï Roublev) l’oriente vers le cinéma.
Son premier long métrage, Le Premier Maître en 1965 reçoit un accueil favorable en URSS et dans de nombreux festivals internationaux. Mais son deuxième film, Le Bonheur d’Assia en 1967 est censuré par le pouvoir soviétique, et ce film ressorti 27 ans plus tard , sera considéré comme son chef-d’œuvre.
Cinéaste prolifique, Konchalovsky adapte des classiques soviétiques, tels Tourgueniev et Tchekhov avant de réaliser Sibériade qui remporte le Grand prix du jury à Cannes en 1979.
En 1980, il s’exile aux Etats-Unis où il réalise de nombreux films à Hollywood ainsi que des séries télévisées, ce qui lui vaut la reconnaissance des critiques américains. Il a aussi mis en scène de nombreux opéras et pièces de théâtre à travers le monde.
Puis il retourne s’établir en Russie dans les années 90. Dans ses films il pose la question des rapports avec le totalitarisme stalinien. La Maison des fous en 2002 décrivant la vie d’un asile psychiatrique en Tchétchénie, lui vaut le Lion d’argent au Festival de Venise.
C’est à la fin de l’été 2017, après une très longue préparation de 5 années qu’a débuté la production de son nouveau projet : Michel-Ange.
Le film
Pourquoi Michel-Ange ?
Le réalisateur a conçu ce film comme une « vision » un genre populaire à la fin du Moyen-âge auquel appartient La Divine Comédie de Dante. Il a voulu faire le portrait d’un homme de la Renaissance, d’un génie avec tous ses aspects humains. Konchalovsky a voulu montrer les rapports entre l’artiste et le pouvoir (parallèle entre Michel-Ange et Roublev) l’importance des rapports familiaux (ici la figure du père et celle des frères) pour lui il n’était pas question de tourner une biographie. Son film s’oppose à celui de l’américain Carol Reed L’extase et l’Agonie (1965) avec Charlton Heston dans la grande tradition hollywoodienne.
Le style du film
La référence au néo- réalisme est patente. Il explique que les gens de Carrare sont de Carrare, les toscans sont des toscans. La carrière est celle de Henraux dans les Alpes Apuanes et tous les décors, vêtements, maisons, coiffures ont été reproduits à l’identique par des maîtres artisans à partir de dessins et gravures de l’époque.
L’acteur principal, Alberto Testone (acteur mais aussi dentiste) a été choisi pour sa ressemblance étonnante avec les portraits de Miche-Ange, le visage ridé, les cheveux sales, les oreilles protubérantes etc. Il incarne un artiste génial mais aussi voleur, menteur, paranoïaque et insupportable.. c’est un être humain.
Le titre du film : Il Peccato (Le Péché)
Konchalovsky est parti d’une juxtaposition entre une peinture du Caravage et la reproduction d’une icône de Roublev. Il lui est apparu qu’il y avait un schisme entre l’art sacré et l’art religieux. "L’art sacré celui des icônes de Roublev ou des fresques de Giotto est dirigé vers les cieux alors que l’art religieux est dirigé vers l’Homme. Et c’est avec l’homme que je termine mon film".
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