LES CRAMÉS DE LA BOBINE

Du cinéma de sentiment et non de scénario

vendredi 11 mars 2022 par Françoise

Qui est Emilie Aussel ?

Née en 1980 à Montpellier, Emilie Aussel étudie aux Beaux-Arts de cette ville puis au Fresnoy, avant de s’installer à Paris.
Elle a réalisé 4 courts-métrages, ( produits par Shellac ) qui sont tous des films de bande et de solitude interrogeant le rapport à l’intime et au collectif où se racontent des histoires d’amitié et d’amour pour faire le portrait d’une jeunesse consciente d’elle-même, et non dépourvue d’humour, d’ironie et de romantisme.
Parallèlement, la réalisatrice a mené de nombreux ateliers avec des adolescents et de jeunes adultes. Chaque atelier ayant été le moyen d’être au contact de jeunes gens qui pourraient peupler ses récits, les inviter à écrire, à jouer à filmer, à parler d’eux.

 La genèse du film.

Le film a été écrit avec la romancière Emmanuelle Bayamack-tam après la lecture de son roman « Si tout n’a pas péri avec mon innocence ». Elles partagent un même goût pour l’adolescence, ce qu’elle implique de vitalité comme de gravité et pour le romanesque de l’intériorité.
La question centrale posée par le film : « Comment survivre à la perte et continuer d’être ensemble sans avoir les mots pour se réconforter ? « .

 Le Film

Toute la filmographie de la réalisatrice est traversée par deux grands fils conducteurs : la jeunesse et Marseille.
Elle a passé son enfance dans un petit village du Midi et la lumière ainsi que la mer Méditerranée ont fondé son imaginaire.
C’est un film à hauteur d’adolescents où le monde des adultes n’est pas représenté . Les jeunes de 18 ans pensent que tout durera toujours, ils se sentent invincibles. .
Les acteurs
E. Aussel a fait le casting elle-même accompagnée d’une assistante. Celui-ci a duré un an et elle a rencontré 150 jeunes qui habitaient Marseille ou les environs. Elle a fait beaucoup de castings sauvages, dans les rues, les bars, à la sortie des lycées.. pour recruter des non-professionnels, pour la première bande. Il y a par exemple Matthieu Lucci révélé chez Laurent Cantet dans « L’atelier ». Pour la seconde bande des « théâtres marginaux » il y a beaucoup plus d’hétérogénéité, mais la plupart des acteurs sont issus du théâtre.

 L’improvisation

Elle a surtout été utilisée lors des répétitions qui ont duré 3 semaines. E. Aussel a écrit le scénario pendant plusieurs années et donc le connaît par cœur. Au tournage ( qui a duré 3 semaines ) chacun connaît sa partition mais a la liberté
de l’interpréter.

Le film repose sur deux parties distinctes : la première est principalement naturaliste tandis que la seconde s’éloigne d’un effet du réel pour embrasser une certaine expérimentation formelle.
La réalisatrice explique qu’elle aime des films où il y a des bascules formelles.

 Le son du film.

Il est caractérisé par une polyphonie lié au récit. C’est un tissage de voix, car après la disparition de la jeune fille, les personnages cherchent à combler l’absence en s’adressant les uns aux autres.
La musique de Postcoïtum ( nom de deux musiciens marseillais qui marient la musique instrumentale avec l’électronique ) épouse les sentiments des personnages.

Présent lors de la saison estivale 2021 des Festivals, le film d’Emilie Aussel, a récolté de belles critiques (Locarno) la presse souligne qu’une nouvelle réalisatrice est née.. pour le plus grand bonheur cinématographique du week-end Jeunes Réalisateurs.


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