Jane Campion qui n’a cessé de raconter le désir féminin souvent en des scènes anodines, gestes retenus, peaux effleurées, électrisées, nous la fait ici à l’envers : la fusion de deux corps passe par un érotisme trash. Son héroïne s’engouffre à vif dans la brèche des rencontres et des hasards avec la volonté de faire naître du désordre de son désir, son équilibre, sa liberté.
Pour la réalisatrice « In the Cut explore la mythologie contemporaine de l’amour et du sexe et la tentative de s’unir à une autre personne, et elle le fait au beau milieu du chaos grouillant d’une ville moderne. Frannie rencontre les problèmes que beaucoup de gens affrontent dans la vie citadine d’aujourd’hui. Elle s’interroge sur la sexualité, la honte, le désir et la peur des choses qui semblent n’avoir aucune logique, aucun ordre. C’est cela qui m’a intéressée ».
Nicole Kidman devait, à l’origine, incarner le personnage de Frannie mais c’est finalement à Meg Ryan que Jane Campion confie le rôle principal ce qui est un vrai changement de cap pour l’actrice cantonnée jusque-là dans le registre romantique.
Jane Camion dit s’être inspirée pour In the Cut, de longs métrages des années 70 tels que Taxi Driver « pour son réalisme urbain poétique » ou encore French Connection « le film qui a transformé l’enquête policière en élément dramatique majeur ». Mais c’est l’oeuvre d’Alan J. Pakula Klute qui a le plus influencé la cinéaste « une référence visuelle clé, car c’est un film symbolique qui mélange lui aussi histoire d’amour et mystère. »