Janet Fram naît en 1924, très jeune elle veut devenir poète, ce qui s’accorde mal avec la condition ouvrière de ses parents et de sa famille de 5 enfants. Elle deviendra alors institutrice, mais cela ne pouvait lui convenir.
Différents événements tragiques de sa vie parmi lesquels, dans les années quarante, la mort de deux de ses sœurs, toutes deux mortes noyées, conjuguée à la sensibilité extrême de Janet va conduire les médecins à la diagnostiquer chez elle, une schizophrénie. Elle entre alors dans la moulinette : un long séjour en hôpital psychiatrique. Notons qu’à cette période la lobotomie était un traitement à la mode, prétendument révolutionnaire. Plus de 100 000 enfants dans le monde et particulièrement aux USA, ont été lobotomisés durant ces années-là. Elle va y échapper, sauvée grâce à l’une de ses premières productions littéraires (The Lagoon) mais l’électro-convulivo- thérapie ou électrochoc est l’autre traitement des humeurs altérées vont devenir son lot. Comme beaucoup alors, elle va en recevoir sans compter (200 séances lit-on).
Pourtant, elle écrit et elle a du talent, comme l’indique Dominique Mainard sa traductrice en français, elle est capable de passer de « l’émotion la plus vive à l’ironie la plus grinçante » et elle témoigne dans son livre de son histoire de vie, des conditions qui lui furent faites et de sa force dans l’accomplissement de son projet.
Le film qui se divise en trois parties chronologiques, Janet Frame est interprétée par trois actrices différentes de l’enfance à l’âge adulte (Karen Fergusson, Alexia Keogh, Kerry Fox), toutes trois formidables.
Un ange à ma table raconte la vie et l’art d’une grande écrivaine et il est filmé par une grande réalisatrice. Après ce film, les œuvres de Janet Frame se sont arrachées et, nous assure Olivier Père, critique renommé et Directeur d’Arté Cinéma, « Un ange à ma table » est l’un des principaux films des années 1990. Heureuse rencontre !