LES CRAMÉS DE LA BOBINE

Amore mio Un road-movie

dimanche 5 mars 2023 par Françoise

G.Gouix nous le connaissons d’abord comme acteur. Il a tourné dans une trentaine de films avec des réalisateurs connus ; R. Zlotovwski, W.Allen, L. Belvaux et derrnièrement avec Emmanuel Mouret « Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait  ». Ce qui lui a valu en 2012, le César du meilleur espoir masculin.
Mais depuis, il s’est lancé dans une carrière de réalisateur, avec trois courts métrages remarqués. En 2011 « Alexis Ivanovitch, vous êtes mon héros » suivi en 2014 de « Mademoiselle » et en 2019 de « Mon royaume ».
Donc ce n’est pas une surprise absolue si au début février dernier sort son premier long métrage « Amore mio ».

L’auteur explique : « Pour avoir vécu des deuils, j’ai envie de montrer un côté lumineux là-dessus ..... C’est un sujet dur, mais le film n’est pas morbide, il y a des côtés très joyeux ..... J’aime les personnages qui disent merde .... Dans la vie on est toujours dans le respect et, on se retient d’être purement instinctif ».
Il faut dire que le sujet du film peut laisser perplexe. Lola (personnage principal interprété par Alysson Paradis, laquelle est la compagne de G. Gouix et la sœur de Vanessa Paradis !) refuse d’assister à l’enterrement de l’Homme qu’elle
aime. Elle convainc Margaux, sa sœur (interprétée par Elodie Bouchez) de les emmener, elle et son fils de 8 ans, loin de la cérémonie. Sur la route vers l’Italie, elles se redécouvrent et tentent de retrouver la complicité des enfants qu’elles étaient.
Il s’agit d’un road-movie, avec un côté intime, un duo d’actrices, explosif lors de fameuses engueulades. Le film repose sur une véritable introspection plutôt qu’une d’action. Ce n’est pas tant le drame qui intéresse le réalisateur, que la manière dont les personnages ont de remonter à la surface, écorchés, souvent seuls face à la caméra et à eux-mêmes.
Son film n’a pas la prétention d’apporter une réponse, mais de laisser libre cours aux
émotions que l’on a plutôt tendance à enfouir.
Sur le plan technique, G. Gouix a fait le choix d’un format 1.33 pour l’image, pour mieux coller aux personnages, sans jamais filmer le décor. Il voulait que l’on ressente le voyage sur le visages des deux sœurs . Ce format permettait de les enfermer d’être proche d’elles.
Le film a été tourné en 26 jours, avec une petite équipe et selon «  un mode guerrier » raconte le réalisateur, un tournage intense.
Ce premier film a été produit par Agat Fims (Guédigian) et a pu être vu lors de nombreux festivals : à St – Jean-de- Luz , au festival d’Arras et au FIFF de Namur.
Un premier film touchant, qui ne manque pas de maladresses et d’imperfections mais qui augure d’une vraie maîtrise de réalisateur.


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