Le film est donc surtout un parcours de reconstruction, un retour à l’enfance pour une gamine de douze ans devenue femme malgré elle, le cheminement à parcourir de la séparation avec son père jusqu’à la libération.
Pour réaliser son film, la réalisatrice s’est appuyée sur son expérience personnelle face à l’emprise et sur son immersion dans un centre d’accueil d’urgence pour adolescents, qui avait donné naissance à un court métrage : « À l’arraché ».
Emmanuelle Nicot s’est formée à l’I.A.D. De Belgique, dont elle sort en 2012 avec "RAE", un court métrage très remarqué. En 2016, elle réalise « A l’arraché »,
sélectionné dans plus de soixante festivals et récompensé par dix-sept prix. Elle est également directrice de casting, spécialisée dans le casting sauvage qui reste sa passion première.
Dalva, un parcours de reconstruction
En compétition à la semaine de la critique au festival de Cannes 2022, « Dalva » est le premier long métrage d’Emmanuelle Nicot. Il est aussi le personnage qui donne son nom au film. Le thème de l’inceste y est abordé avec délicatesse ainsi que les différentes étapes qui suivent le placement de cette jeune fille en foyer d’accueil, jusqu’à sa libération psychologique.
Dalva a vécu recluse avec son père qui en a fait « sa petite femme ». Sans jamais juger ses personnages, Emmanuelle Nicot tente de comprendre les mécanismes qui amènent une enfant à se construire sur un tel interdit. Dalva défend son père, veut rester avec lui, s’insurge contre la séparation. Il faut du temps à un enfant pour sortir des logiques qui ont nourri toute son éducation, quand il n’a jamais été confronté à autre chose.
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