C’est aussi un film sur les préjugés et sur les mensonges, ceux à l’intérieur d’une famille, sur les hontes et les peurs que peuvent générer les religions et les traditions. Sur le « qu’en dira-t-on ».
On se coltine souvent les mêmes tabous, les mêmes interdits, la même pensée obsessionnelle : ne pas faire de peine à ses parents, qu’ils soient fiers de nous, et ne pas donner du grain à moudre ni à la famille ni au voisinage !
Cette comédie émouvante et cinglante nous rappelle à quel point nos identités sont imprégnées de politique
Le genre « comédie » couvre des œuvres bien différentes les unes des autres. Youssef Salem a du succès se classe dans la catégorie de celles qui font rire tout en faisant réfléchir sur des sujets sérieux et importants.
C’est d’ailleurs la marque de fabrique systématique des scenarii que Baya Kasmi et Michel Leclerc écrivent seuls ou ensemble pour leurs réalisations.
C’est un formidable Ramzy Bedia qui incarne Youssef Salem, cet homme « coincé » entre sa famille aux origines modestes et maghrébines de province et le milieu littéraire parisien.
A ses côtés, Abbes Zahmani et Tassadit Mandi dans les rôles de Omar et Fatima, les parents de Youssef, Melha Media (sœur de Ramzy dans la vraie vie) et qui interprète ici le rôle de Bouchra, une des sœurs de Youssef. Le comédien et réalisateur Lyes Salem campe un personnage de télé-réalité plus vrai que nature et on se réjouit aussi de voir Vimala Pons dans le rôle de Léna, une comédienne qu’on aime toujours retrouver au cinéma.
A travers les turbulences vécues par un écrivain piégé par un succès qui écorne l’image de sa famille, avec Youssef Salem a du succès, Baya Kasmi nous donne à voir une comédie réjouissante.
Et après avoir fait connaissance avec cette famille pittoresque, en sortant de la projection, on aurait presque un regret : que « Le Choc toxique » n’existe pas en librairie !