Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse
Un homme qui crie est un film tchadien de Mahamat-Saleh Haroun (durée 1h32).
Ce réalisateur a obtenu, pour ce film, le Prix du Jury à Cannes en mai 2010.
Pour la première fois de son histoire, le Tchad était représenté en compétition à Cannes et aucun film d’Afrique Sub-saharienne n’avait été sélectionné depuis 1997.
L’histoire se passe au Tchad, de nos jours. Adam, ancien champion de natation est maître nageur de la piscine d’un hôtel de luxe à N’Djamena. Il se fait aider par son fils Abdel. L’hôtel est privatisé et les repreneurs décident une compression de personnel. Abdel sera préféré à Adam qui subit alors une insupportable blessure narcissique.
Ce drame intime est vécu dans un pays en proie à la guerre et les forces de la rébellion arrivent aux portes de la ville. Le chef de quartier harcèle Adam pour qu’il participe à « l’effort de guerre » : il faut donner de l’argent ou envoyer un enfant à la guerre. Quelle va être la décision d’Adam ?
Un homme qui crie est le quatrième film de M.S. Haroun (Bye Bye Africa en 1999, Abouna en 2002 et Darrat, saison sèche en 2006). Deux thèmes interviennent de façon récurrente dans ses films. Le premier est la guerre car elle dure depuis 4 décennies et qu’elle a fait de lui un exilé. Cette guerre est montrée en arrière plan, sous forme des bruits d’avions, des tirs au loin.
Le deuxième thème exploré est celui des relations père-fils (comme dans ses films précédents, le père absent dans Abouna, le père que l’on veut venger dans Daratt, saison sèche). Pour lui, la filiation est essentielle car elle permet la transmission de la mémoire. La perte de cette valeur est, pour M.S. Haroun, un des drames de l’Afrique où les pères et les fils se font la guerre.
Au festival de Cannes, ce film aurait pu avoir d’autres prix, en particulier celui de la mise en scène (le cadrage, le style visuel, la composition stylistique des images) et le prix d’interprétation masculine pour Youssouf Djaoro dont le jeu très sobre fait écho à l’univers épuré du cinéaste.
Le titre du film est extrait d’un vers du Martiniquais Aimé Césaire dans son œuvre Cahier d’un retour au pays natal : Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse.
Danièle
Articles de cet auteur
fr
Films depuis 2009
Année 2010
Un homme qui crie
?
Site réalisé avec SPIP 4.4.13 + AHUNTSIC
Visiteurs connectés : 37