Mariana Otero s’est d’abord fait connaître à la télévision où elle a réalisé en 1994 pour Arte une série de six documentaires , « La Loi du collège », traitant de la vie quotidienne de jeunes adolescents dans une banlieue parisienne. Puis en 1997, dans « Cette télévision est la vôtre », elle analyse les fonctionnements d’une chaîne de télévision portugaise, qui a réussi à conquérir une grande partie de l’audience nationale grâce notamment à des telenovelas importées du Brésil.
En 2003 enfin elle entre dans le cinéma et réalise un film entre le documentaire et la fiction « Histoire d’un secret » qui sera apprécié du public et de la critique. Les Montargois ont pu voir ce film, récemment, au Tivoli dans le cadre du mois du documentaire.
Ce n’est que sept ans plus tard que la documentariste réalisera son second long métrage, « Entre nos mains », qui sera présenté au Festival de Cannes 2010 dans la sélection de l’ACID, l’Association pour le Cinéma Indépendant et sa Diffusion.
Ce film raconte l’histoire d’une fabrique de lingerie féminine, « Starissima », à Saint-Cyr-en-Val, près d’Orléans qui emploie une cinquantaine de salariés, principalement des femmes. Elle vient de faire faillite. Entre le dépôt de bilan et une éventuelle liquidation de l’entreprise prononcée par le tribunal, les employés ont six mois pour tenter de la racheter eux-mêmes pour la transformer en société coopérative ouvrière de production (SCOP).
Arrivée sur place au moment où une responsable des SCOP encourage les cadres à mettre en oeuvre le projet, Mariana Otero suivra pendant 3 mois tout le processus : montage du dossier, assemblées générales, informations assurées par une formatrice, débats internes, vote.
Un théâtre des relations socio-économiques du monde du travail se tisse à l’écran.