Dans ce film sur le cinéma, plusieurs séquences nous présentent un monteur évoluant "à l’ancienne", avant l’apparition de la table de montage. S’il s’est adapté depuis à la technique, Iosseliani n’est pour autant pas convaincu par les ordinateurs : "On fait des dizaines de versions, sans réfléchir. Une coupe est une coupe : inutile de faire 150 versions." La scène d’entrée se passe avec la projection d’un court-métrage du cinéaste lui-même. Il s’agit d’une "oeuvre de jeunesse", de 1959, qui, de l’aveu même du réalisateur, n’avait été vue par personne...
Le titre vient d’un mot russe issu du 19ème siècle, inspiré du français "chanteras pas", à une époque où l’aristocratie russe, francophone, avait fait du chant une activité essentielle à une bonne éducation : le mot a ensuite désigné une population d’exclus, d’artistes "bons à rien", contraints à l’exil, comme le héros ici.
Ce film « mélan-comique » a rencontré une critique très favorable : selon Les Inrockuptibles le cinéaste « continue de pousser son chant de cinéma unique, singulier, pétillant, où la vivacité et l’ironie l’emportent toujours sur la mélancolie qui affleure. » Pour Chronic’art.com,« le cinéaste convoque ici, tel un artisan, l’esprit d’enfance et le cinéma comme entreprise de contrebande ». Pour Le Figaroscope, « c’est conté avec un art du " hors-temps " qui mêle des saveurs d’époques disparues à la fraîcheur des sensations immédiates, avec ce charme ironique et mutique qu’on aime chez Iosseliani ».