LES CRAMÉS DE LA BOBINE
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Mardi après Noël

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Mardi après Noël (Mardi après Noël)

mardi 15 février 2011 par Cramés

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Sélection Officielle "Un Certain Regard" Cannes 2010.
Bayard d’or du Meilleur Film au Festival de Namur 2010

Semaine du 10 au 15 février

Soirée-débat mardi 15 février à 20h00

Film roumain (vostf, 1h39, décembre 2010) réalisé par Radu Muntean avec Mimi Branescu, Mirela Oprisor, Maria Popistasu.

Titre original : Marti, Dupa Craciun

Synopsis : Paul et Adriana sont mariés depuis dix ans et ont une petite fille
de 8 ans, Mara. Depuis six mois, Paul entretient une liaison extraconjugale avec Raluca, dentiste.
Paul, qui essaie de partager les quelques jours précédant Noël entre Raluca, la recherche des cadeaux et les soirées en famille, décide de faire une dernière visite avec Mara au cabinet de Raluca. Un imprévu dans l’emploi du temps d’Adriana fait que les deux femmes se rencontrent pour la première fois. Sans donner lieu à une confrontation, cette rencontre met Paul face à un choix difficile.

Dossier de presse     Article de Claude     Petite revue du net
Bande annonce    Journal des débats



Douloureux comme l’amour, silencieux comme la souffrance (Mardi après Noël)

lundi 14 février 2011 par Claude

Radu Muntean signe là son deuxième long métrage sur les relations de couple, l’adultère et les déboires amoureux. Dans Boogie sorti en 2008, il suivait un personnage renouant avec ses habitudes

d’adolescent lors de vacances à la mer entre copains. Il y redécouvrait le sexe libre, l’alcool et les fêtes, laissant sa femme s’enliser dans la solitude.
Tourné en 22 jours, le film offre peu de scènes d’action mais surtout des scènes de tension où les personnages se trouvent en équilibre, prêts à s’effondrer et toujours dignes.
Les silences et l’expressivité donnent sa force à ce film intimiste, traité avec tact, qui nous fait entrer, grâce à de longs plans séquences, sans voyeurisme pourtant, dans la conscience d’un homme déchiré et le désarroi des deux femmes. Le réalisateur parvient à effacer la présence de la caméra au profit des personnages et de leurs tourments. Radu Munteanu explique son choix esthétique : "Mardi, après Noël est un film comportant très peu de coupures ; j’ai évité les ellipses dans les séquences et donné aux acteurs la possibilité de jouer en continu, dans des scènes de 10 minutes parfois."
Allez voir ce film d’une rare sobriété, douloureux comme l’amour, silencieux comme la souffrance vraie. Une épure, sans rien qui pèse ou qui pose, sur un sujet abordé dans Le Bonheur d’Agnès Varda, ou la sublime Peau douce de Truffaut : le mode mineur, loin de la passion ou de l’hystérie attendues, Mimi Branescu rappelant par son personnage un peu veule et pourtant déterminé l’émouvant Jean Dessailly…



Journal des débats (Mardi après Noël)

mercredi 16 février 2011 par Claude

Une longue discussion après l’amour, les achats et cadeaux de Noël, la rencontre inopinée en présence du mari, Paul, de la femme, la brune Adriana et de la... blonde maîtresse, Raluca, dans son cabinet de dentiste - "Mardi après Noël", du cinéaste roumain Radu Munteanu, nous offre une chronique sobre mais sans sécheresse, réaliste, mais dépassant son propos par le développement de l’émotion, du désarroi, en temps réel, à l’image de la vie, pesante et ondoyante.

Ces "scènes de la vie conjugale" n’atteignent peut-être pas au sublime de Bergman, l’attente et le déchirement à l’insoutenable légèreté de "L’Aventura" d’Antonioni ; elles peuvent sembler manquer de rythme, ne pas scander en moments forts, brefs et intenses, ne pas assez dramatiser le parcours de plaisir et de douleur d’un homme qui, acculé par une confrontation imprévue, devra enfin choisir entre les deux femmes aimées : pourtant, cette vision dépoétisée, en douceur et en demi-teinte, de l’adultère et du déchirement passionnel, toute d’amertume, de mélancolie, de mépris de soi et de l’autre - mal aimé, mal aimant, trop aimant - n’est pas sans rappeler Godard, l’attente indéfinie et le quotidien décalé, gratuit et pourtant menaçant, du "Mépris" et d’ "A bout de souffle" : l’inexplicable fin d’un amour, le lent et insupportable délitement des sentiments dans le premier ; la frivolité apparente, lourde de non-dit, le badinage amoureux déjà gros de trahison dans le second...

Chez le cinéaste roumain, marqué comme ses confrères de la "Nouvelle Vague" par le minimalisme (des moyens,du scénario et du propos), l’humour tragique et le goût pour les tranches de vie, les personnages quotidiens, ni héroïques, ni historiques, le temps réel des longs plans-séquences (souvent de...10 mn !), le jeu sur la courte focale et la profondeur de champ floutant un personnage au premier ou à l’arrière-plan disent le poids du réel, la lenteur d’une décision, l’infini d’une souffrance qui se déploient sous notre regard : ils traduisent aussi le temps du spectateur, celui d’entrer dans le cœur et l’esprit des personnages, de laisser se décanter leur malaise pour en accueillir en soi l’écho assourdi. La caméra de Muntean parvient à créer une sensation à la fois de proximité et d’éloignement par rapport aux personnages, à conjuguer l’observation extérieure, presque clinique, du trio passionnel et l’empathie, sinon l’identification, du spectateur à Paul, veule et déchiré, à Raluca, inquiète et déterminée, à Adriana, d’abord maîtresse d’elle-même puis envahie par sa souffrance lors de l’aveu de son mari. De cette hésitation entre distance et familiarité, où un critique voit une faiblesse de mise en scène, une absence de point de vue, naît cette inertie apparente, ce temps comme délité, ce ton si juste en somme, où se fondent et se combattent tant de sentiments flous : la recherche d’un plaisir nouveau, aiguisé par les calculs et mensonges de la dissimulation, la rage froide de la douleur, entre la peur-panique et l’orgueil ulcéré d’être quitté, l’abandon aux larmes amères et la vaine crispation sur la dignité à garder...

Là où "Partir" ou "La Femme d’à coté" choisissaient de montrer la violence, voire l’hystérie, là où "La Peau douce" passait de la lenteur réticente à l’emballement tragique, "Mardi après Noël" préfère une étrange douceur, presque irréelle, à force de sobriété et d’apparente fadeur. Les plans fixes cadrent les personnages au plus serré dans leurs ébats et débats ; le flou d’une courte focale saisit au restaurant la massive silhouette de Paul dont l’évanescente voisine dit au second plan l’absence aux autres et à la discussion, l’absence à soi-même aussi de qui mène une double vie et ne sait où il est (bien) ; à l’inverse, lors de la leçon de piano qui suit la rupture et avant que la vérité ne soit dite aux enfants, "mardi après Noël", c’est Paul qui semble disparaître au fond de la pièce, perdu, désorienté, tandis que sa fille Mara, jouée si juste, sans caprice ni infantilisme, impose sa tranquille et innocente présence.

Si la rencontre entre les deux femmes est un peu longue, laissant également Paul pour le moins gêné, dans l’ombre et le silence, la scène d’aveu dans la cuisine est superbe : Paul, poussé moins par la logique d’une situation indéfiniment extensible que par les séquelles psychologiques de la rencontre entre les deux femmes, décide de parler - l’aveu semble à la fois mou et déterminé, inerte et inexorable, comme si l’homme n’était pas assez fort pour le moment choisi, et pour le choix même ; les déplacements des personnages, filmés dans le même plan et non en champ contre-champ, donnent toute sa force à la scène, où Adriana tangue entre compréhension et colère, où l’émotion d’abord dominée cède la place à la colère et à la douleur débondée : quand on veut trop se contrôler, le contrecoup est terrible...Ici plus que jamais, le silence et la parole, la volonté de comprendre et la souffrance nue imposent leur rythme en temps réel. Comme l’installation de Paul dans le petit appartement ou la scène finale - le chant de Noel, la joie des enfants - installent avec une atmosphère rassérénée une lancinante question, une fin ouverte : quelque chose est-il encore possible avec Adriana ? Mais où est passée Raluca ?

"Comme la vie est lente / Et comme l’espérance est violente" - disait Apollinaire dans "Le pont Mirabeau"...

Claude



Petite revue du net (Mardi après Noël)

jeudi 27 janvier 2011 par Cramés

Critikat.com (Stéphane Caillet)

Depuis quelques années, les films des jeunes cinéastes roumains ne cessent de faire bonne figure dans les sélections et les palmarès des festivals internationaux. L’intérêt suscité par leurs productions provient surtout de leur attachement à représenter l’évolution chaotique de leur société. Il en résulte des thèmes forts qui plaisent aux festivaliers et jurés. Mais on ne peut pas seulement réduire leurs œuvres à cette analyse de l’histoire récente de leur pays : au-delà des purs aspects politiques et sociétaux, leur cinéma s’intéresse aussi au travail formel − souvent très réfléchi − et à l’intime

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chronicart.com (Nicolas Truffinet)

Il est frappant d’observer avec quelle rapidité le cinéma roumain évolue : c’était notable cette année dans Policier, adjectif, beau policier moderne qui n’en avait que pour son modeste enquêteur, puis dans les nouveaux sketchs des Contes de l’âge d’or (deuxième partie), lesquels développaient une dimension intimiste et sentimentale plus prononcée que chez leurs prédécesseurs. Mardi après Noël enfonce le clou : toute trace de folklore a définitivement disparu.

Télérama (Louis Guichard)

Des amants. Le rire des amants. Où va un film qui commence dans la sensualité et l’insouciance ? A quoi cet après-midi joyeux au lit est-il arraché ? Qu’annonce-t-il ? Les cinéastes de la nouvelle vague roumaine sont en train de devenir les maîtres du suspense. Non par l’accumulation de rebondissements. Mais par la soustraction, l’évidement. Seuls quelques indices filtrent, au milieu des chatouilles, du badinage entre Paul, beau et lourd, dans la fin de sa trentaine, et Raduca, nettement plus jeune, blonde et fine.

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