LES CRAMÉS DE LA BOBINE
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New York-Miami

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New York-Miami (New York-Miami)

jeudi 22 septembre 2011 par Cramés
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Semaine du 22 au 27 septembre 2011
Film aux 5 Oscars : meilleur film, meilleur réalisateur (Frank Capra), meilleur scénario (Robert Riskin), meilleure actrice (Claudette Colbert) et meilleur acteur (Clark Gable).
Soirée-débat lundi 26 septembre à 20h

Film américain (vo, 1h45, 12 septembre 1934) de Frank Capra
avec Clark Gable, Claudette Colbert et Ward Bond.

Titre original : It Happened One Night

Synopsis : Ellie fuit son père millionnaire et décide de rallier New York. Elle rencontre Pete, un journaliste, dans le bus, qui comprend très vite qui elle est, son père ayant promis une récompense à qui la lui ramènerait. Peu à peu, alors que l’argent commence à leur faire défaut et qu’ils continuent de fuir en auto-stop, Ellie apprend à mieux connaître Pete.

Présentation     Article de Sandrine
BO France :



Présentation de "New York Miami" (New York-Miami)

mercredi 28 septembre 2011 par Sandrine

Bien souvent, des cinéphiles trouvent peu d’intérêt à des vieux films du vingtième siècle, comme "New-York Miami", parce que, pour eux, ces films ont vieilli, c’est du théâtre filmé....

Mais ils peuvent se réconcilier avec ce type de films à partir du moment où ils en mesurent mieux les enjeux grâce à la genèse du film, dont je vais vous dire un mot :

LA CENSURE

Il faut prendre en compte les conditions de création du film, et, à ce titre, il me semble que, dans cette œuvre, deux hommes s’affrontent sur le terrain de la représentation sexuelle
 :

—  d’un coté, le sénateur William Hayes qui est le chef de la censure hollywoodienne jusqu’en 1945, il est à la tête d’un organisme rigoureux créé en 1921. Il "épure" véritablement les œuvres, c’est le père fouettard, un père la pudeur, interdisant tout ce qui ne respecte pas à la lettre la morale

—  c’est un problème pour les réalisateurs de l’époque, parce qu’ils ne sont pas libres de composer leurs œuvres, les scénarios doivent tenir compte, dès le départ, des impératifs de la censure qui sont récapitulés dans une espèce de charte qui porte le nom du sénateur : le Code Hayes.

Tout l’art va être de dépasser ces limites imposées mais sans se voir couper, et c’est ce qui fait toute la saveur, le miel humoristique de ce film, plans après plans, visuellement et verbalement, cela n’arrête pas, ce n’est pas que du théâtre filmé.

RÉSUMÉ

Je vais vous donner un exemple de scène clef mais je vous rappelle tout d’abord l’histoire : Ellie Andrews est une gosse de riche qui fugue parce que son père l’empêche d’épouser l’homme qu’elle aime. Elle fuit anonymement de Miami vers New-York et elle va dépendre de Peter Warne, sans savoir que c’est un journaliste sans le sou en mal de scoop. A un moment donné, ils sont obligés de partager une chambre où il y a des lits jumeaux. Mais pour le censure de l’époque, cela ne suffit pas, car un homme et une femme qui ne sont pas mariés, ne peuvent partager la même chambre. Et donc les scénaristes sont obligés de prévoir qu’une couverture, en plus, sépare les deux lits.

SCANDALE

Et c’est là qu’intervient ma scène clef : à cette époque, c’est très impudique de montrer les sous-vêtements féminins. Or, à un moment donné, on voit Claudette Colbert poser ses dessous sur la couverture, ce sont ses bas. C’est une manière de dire que la censure, on va se débrouiller pour passer par dessus, pour la dépasser, "on s’assoie dessus" si je puis dire...

Vous pouvez ainsi apprécier tout l’art du réalisateur, Frank Capra d’être sur le fil du rasoir, de narguer la censure, à tout moment, dans ce film. Et quand on nargue la censure, le film fait scandale : aussi je vous pose la question suivante, pour ensuite en débattre : quand vous allez voir le film, d’après vous, quelle est la scène qui a fait le plus scandale ?

FRANK CAPRA

Et pourquoi Frank Capra provoque-t-il d’une certaine manière William Hayes ? Je vais y répondre !
Si William Hayes est un pudibond maniaque, Frank Capra, lui, est un obsédé des Oscar, il en a eu trois ; d’ailleurs, lors d’une cérémonie où il est nommé, le présentateur annonce que l’oscar revient à Franck... Et à ce moment là, Franck Capra se lève, persuadé que c’est lui qui va être récompensé. Mais c’est une erreur, c’est Frank Lloyd qui doit l’avoir, un autre Frank ! Notre metteur en scène, complètement obnubilé par cette première récompense, n’avait même pas remarqué que deux Frank était nommés, donc ! C’est à ce point là ! Aussi, dés 1931, il se débrouille pour être membre de l’Académie.

C’est pour cela que je vous dis qu’à mes yeux, ce film est le terrain d’affrontement de deux hommes, deux obsédés : un par la bienséance, l’autre par l’Oscar et Frank Capra est bien décidé à décrocher ses Oscars et ce n’est pas William Hayes qui va l’empêcher de créer une scène à succès !
Aussi ce film est le seul film, avec "Vol au dessus d’un nid de coucou" et" Le Silence des agneaux" a avoir remporté la quinte majeure aux Oscars : meilleur film, réalisateur, acteur, actrice et scénario. C’est une véritable surprise car ce film a été réalisé avec peu de moyens, et les films "à Oscar" étaient des superproductions. Le film inaugure le genre du road movie et a également eu un énorme succès populaire.

D’origine sicilienne, notre cultissime auteur a d’abord travaillé comme scénariste et gagman pour Mack Senett, le maître de la comédie burlesque. Dés le parlant, on considère qu’il est devenu à son tour le maître de la comédie légère, des années 30 et 40, ce qu’on appelle aux États Unis la "Screwball comédie", avec quatre-vingt dix minutes de querelles et de quiproquos. Mais toujours avec un arrière plan pessimiste qui renvoie à la crise de 1929 et à ses conséquences.

Il est l’auteur de nombreux autres chefs d’œuvres comme "La Blonde Platine", "La Vie est belle", "L’Extravagant Monsieur Deeds", "Monsieur Smith au sénat", "Arsenic et vieilles dentelles", "L’Homme de la rue", "Milliardaire pour un jour"...

CLAUDETTE COLBERT

C’est la deuxième fois que Frank Capra tourne avec Claudette Colbert. C’est une Cléopâtre célèbre, pour Cécile B. de Mille, bien avant Liz Taylor, et après Teda Bara pour le muet. Elle est né à Paris, a grandi en Amérique. Elle incarne à l’écran la jeune femme moderne et elle a joué dans de nombreuses comédies : "La Huitième femme de Barbe Bleue", par exemple, d’Ernst Lubitch. On l’a retrouve en France dans "Si Versailles m’était conté" de Sacha Guitry. Elle a un faux air de Betty Boop parce que c’est un type physique à la mode à l’époque.

A propos de personnage de dessin animé, je vous pose une deuxième colle pour notre débat : je vous rappelle que dans le film, son personnage, Ellie, est une enfant gâtée qui, entre autre, a toujours mangé des carottes cuisinées, et non des carottes entières, natures et crues ! Ainsi, Pete, à un moment donné, lui apprend à les croquer (vous avez là un autre bon exemple de sous-entendu destiné à narguer la censure) : la manière dont Clark Gable mange sa carotte doit vous rappeler un personnage célèbre : lequel selon vous ?

CLARK GABLE

Clark Gable était à l’époque sous contrat avec la prestigieuse MGM, c’est à dire que le studio l’employait comme il le voulait. D’autre part, il y avait un différent entre le patron de la MGM Louis B. Mayer et l’acteur. Pour le punir, Louis B. Mayer accepte de prêter Clark Gable à une petite compagnie, Columbia, qui a produit notre film, afin qu’il tourne dans ce que l’on considérait comme un film de série B. C’est dire si son succès aux Oscars a étonné tout le monde !

Je vous rappelle que Clark Gable est l’un des acteurs mythiques de l’âge d’or d’Hollywood ("Autant en Emporte le vent", "Les Misfists", "Mogambo", "L’esclave libre"...).

Je vous souhaite un bon voyage avec Pete et Ellie entre Miami et New-York ; on se retrouve pour la prochaine étape, le débat. Merci de m’avoir écoutée !



On ne badine pas avec l’amour dans les comédies hollywoodiennes (New York-Miami)

dimanche 4 septembre 2011 par Sandrine

On ne badine pas avec l’amour dans les comédies du Dix-Neuvième et hollywoodiennes : en 1934, le respect de la bonne conduite y est tellement sévère qu’en comparaison, le mariage de Kate et Will, Bébert et Charlène, c’est Tournez Manège ! Mais dans tous les cas, la supercherie pour y déroger devient alors le ressort du jeu amoureux... D’où, dans notre film, la couverture et la carotte... Je m’explique !
Parce que son père refuse qu’elle épouse l’homme qu’elle aime, Ellie Andrews (Claudette Colbert), une riche jeune fille fugue dans ce road movie entre Miami et New-York. L’affaire fait la une des journaux. Sa quête d’anonymat l’amène à rencontrer et à dépendre de Peter Warne (Clark Gable), sans se douter que ce dernier est un journaliste sans le sou en mal de scoop ! Tout sépare nos deux héros, même le mur de Jericho !
Erigé pour l’occasion par le Père Fouettard de l’époque, le sénateur intégriste en pudibonderie William Hayes, qui censure tout ce qui dépasse ! Symbolisé par la couverture (cette dernière est surnommée ainsi par le héros), dressée même entre les deux lits jumeaux, éloignant encore plus Ellie de Peter, parce qu’ils doivent partager la même chambre mais qu’ils ne sont pas mariés. Cette comédie bur(ka)lesque aurait mal tourné sans le divin Frank Capra qui sait pêcher sans fauter.



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