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Film espagnol (vo, 1h48, août 2011) de Agustí Villaronga
avec Sergi López, Francesc Colomer et Marina Comas.
Titre original : Pa Negre
Synopsis : Dans les années suivant la guerre civile d’Espagne, marquées par la violence et la misère, un mystérieux meurtre vient secouer les secrets enfouis d’un petit village de Catalogne. Andreu, jeune garçon dont le père est injustement accusé du crime, pénètre dès lors un monde d’adultes fait de vices et de mensonges…
Film catalan, 1h48, réalisé en 2010 par Agusti VILLARONGA, adapté de l’œuvre de l’écrivain Emili TEIXIDOR.
Ce film sorti en 2011 a fait un tabac au 25ème GOYA, équivalent de nos Césars, en raflant 9 prix avec 13 nominations.
GOYAs du meilleur film, réalisateur, décors, adaptation, photographie, meilleure actrice (Nora Navas), second rôle feminin (Laïa Marul) , révélation masculine (Francesc Colomer) , révélation féminine (Marina Comas).
C’est la première fois qu’un film en catalan est ainsi primé en Espagne. (D’ailleurs l’emploi dans le film du catalan ou du castillan (espagnol) joue un rôle qui échappe le plus souvent aux étrangers).
Né en 1953 à Majorque (Baléares), la passion du cinéma lui est inculquée par son père marionnettiste. Il a également fait des études d’HG à Barcelone. Débute par des courts métrages. Principaux films :
"Tras el cristal", 1985 : Un sulfureux thriller psycho-sexuel où se croisent nazisme, torture et pédophilie qui choque et divise le public. Grand prix du festival de Barcelone.
"El nino de la luna", 1989, présenté à Cannes. Histoire d’enfants doués de pouvoirs surnaturels. 3 goyas en 1990.
"99.9", 1997 : histoire d’une animatrice de talk show confrontées à des forces surnaturelles.
"El mar", 1999 : histoire de 3 jeunes amis après la guerre civile confrontés à la maladie, la foi religieuse, l’homosexualité.
A également réalisé quelques téléfilms et un clip avec Mylène Farmer "Fuck them all".
2 révélations, 2 GOYA : Francesc COLOMER , dans le rôle d’Andreu,(14 ans) er Marina COMAS, Nuria, . Ils tournent déjà leur second film.
Nora NAVAS, Florencia, : 36 ans. A surtout travaillé pour la télévision. Primée également au festival de San Sébastian pour "Pain noir".
Laïa MARULL,Pauleta, 38 ans. A joué dans plusieurs séries TV et une dizaine de films, a déjà reçu 3 Goya.
Roger CASAMAJOR, Farriol, 35 ans, acteur de téléfilms et films, en particulier "Le labyrinthe de Pan" de Guillermo del Toro en 2006 et "El Mar", de VILLARONGA en 2000.
Eduard FERNANDEZ, le professeur,47 ans. Filmographie déjà importante. Citons en particulier : "Che" de S. Soderbergh, "Biutiful" de Gonzalez Inarritù, "La piel que habito" d’Almodovar.
Sergi LOPEZ,le maire, 46 ans, grand acteur couronné par un César en 2001 pour "Harry un ami qui vous veut du bien". Filmographie longue : "Potiche", "Le labyrinthe de Pan", "Peindre ou faire l’amour"…
Nous sommes au début des années 40, aux lendemains de la guerre civile. Dans un village pauvre et isolé, perdu entre montagne et forêt.
L’histoire commence par une scène effroyable au cours de laquelle Andreu, 12 ans, est témoin de l’assassinat d’un homme et de son fils en pleine forêt. Son père, un "rouge", est suspecté par le maire franquiste, ordure dignement campée par S. Lopez. Andreu va mener sa propre enquête, il passe son temps à écouter aux portes, à se trouver aux bons moments aux mauvais endroits. Trimbalé entre père, mère, tantes, grand-mère et petite cousine tous marqués par la guerre il découvre les terribles conséquences sociales, humaines, psychologiques, morales de cette guerre et y perd son innocence.
Récit linéaire, sans flash back, même si le passé compte beaucoup, sans références visuelles à l’époque politique car tout est évident. Récit fait du seul point de vue du jeune garçon narrateur à travers sa quête de vérité. La caméra l’accompagne à hauteur et entretient l’adrénaline et le malaise.
Ainsi 2 systèmes narratifs se superposent : le thriller avec la découverte progressive des énigmes et le fantastique procuré par le regard enfantin d’Andreu qui auréole de mystère les personnages et les lieux. La forêt jouant à ce niveau un rôle essentiel.
Un film d’une noirceur particulière, les teintes terreuses et noires dominent les différentes scènes. Dès le titre la couleur noire est présente, elle envahit les différents espaces et peu à peu cette noirceur contamine les personnages.
Ce film va au-delà du simplisme idéologique. Agusit VILLARONGA s’engage à montrer la part d’ombre qui réside en chacun des personnages. "Les personnages de mon film sont ambigus, les gentils ne sont pas aussi sympathiques que ça et les méchants pas aussi mauvais qu’il n’y paraît…/… Devant des situations si conflictuelles et complexes que celles de l’après-guerre civile, il vaut mieux observer une certaine pudeur et ne pas juger les gens de façon péremptoire."
Le Monde (Coralie Huché)
Avec l’aide remarquable de ses acteurs, Agusti Villaronga tient l’ambiguïté des personnages. Ni noirs ni blancs, la plupart se présentent aussi complexes qu’humains.
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Rue89 (Louis Lepron)
En évoquant la persécution des homosexuels, en s’aventurant vers les idéaux des perdants de la guerre civile sans en rajouter et en s’attardant sur le destin tragique d’une petite fille mutilée, Agustí Villaronga réalise un film fort.
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Utopia Toulouse
Sur une trame de thriller très habilement menée, flirtant parfois avec le fantastique (...), servi par une mise en scène brillante qui met en valeur l’étrangeté du paysage montagneux catalan, Pain noir, adapté de ce qui est probablement le best-seller catalan de la décennie, dresse un constat sans appel : la guerre civile et ses lendemains , (...) conduisent les individus à oublier les frontières entre le bien et le mal...
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Pain noir d’Agustí Villaronga a raflé 9 récompenses lors de la dernière cérémonie des Goya, l’équivalent espagnol de nos Césars, (dont celles, convoitées, de "meilleur film" et "meilleur réalisateur"). Ce film est une adaptation du roman homonyme d’Emili Teixidor. Pain noir nous plonge dans un cadre historique régulièrement prisé par les cinéastes espagnols, celui de l’après-guerre civile et du début de la période franquiste. C’est à travers le regard d’un enfant, Andreú, qu’évolue la narration du film qui se présente dès lors comme un récit initiatique, dans lequel le héros, confronté à diverses expériences de la vie, va perdre son innocence.
Afin de défendre son père qui est accusé par les autorités, le jeune Andreú va mener sa propre enquête et secouer les secrets enfouis d’un petit village de Catalogne. A la dimension policière de l’intrigue s’ajoute celle du fantastique procurée par le regard enfantin d’Andreú qui auréole de mystère les personnages et les lieux. Cette superposition des genres confère au film une noirceur toute particulière qui va s’étoffer au fur et à mesure qu’avance l’action.
Le film va donc au-delà du simplisme idéologique : même les « bons » (ici les vaincus de la guerre) sont loin d’être irréprochables.
Agustí Villaronga s’engage à montrer la part d’ombre qui réside en chacun de ses personnages.
La phrase promotionnelle du film "les mensonges des adultes engendrent de petits monstres" correspond assez bien à la philosophie générale de ce film.
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Films depuis 2009
Année 2011
Pain noir
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