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Film belge (1h33, septembre 2011) de, et avec, Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy
Synopsis : Dom est veilleur de nuit dans un petit hôtel du Havre. Un soir, une femme arrive à l’accueil, sans valise, pieds nus. Elle s’appelle Fiona. Elle dit à Dom qu’elle est une fée et lui accorde trois souhaits. Le lendemain, deux vœux sont réalisés et Fiona a disparu. Mais Dom est tombé amoureux de la Fée Fiona et veut la retrouver.
La fée est un film réalisé par trois magiciens , auteurs/ acteurs/ clowns : un belge ( Dominique Abel ) une canadienne née en Australie ( Fiona Gordon ) et un français de Normandie ( Bruno Romy ) qui ont déjà travaillé ensemble et conçu , en 2006 « L’iceberg » et en 2008 « Rumba ».
Il s’agit donc de leur troisième long métrage, où l’on retrouve tous leurs thèmes et techniques cinématographiques, illustrant un cinéma souvent qualifié de "burlesque et poétique".
L’histoire est simple, il s’agit d’une histoire d’amour entre Dom (D. Abel) qui est veilleur de nuit dans un hôtel du Havre et une cliente (F.Gordon) qui débarque un soir à l’accueil, pieds nus et sans valise. Elle dit qu’elle est une fée et accorde à Dom trois vœux. Le lendemain deux vœux sont réalisés mais Fiona a disparu et Dom qui est tombé amoureux de la fée fait tout pour la retrouver.
Le cadre est celui de la ville portuaire du Havre avec ses docks, ses rues géométriques et surtout selon les auteurs, ses lumières un mélange de gris, de béton et de ciels normands, ainsi que ses habitants (des amateurs) qui ont participé au tournage.
Le cœur du film (la belle et mouvementée histoire d’amour) est interprété par des acteurs extraordinaires et originaux. Dominique A. et Fiona G. ont une formation de clowns, ce qui explique les figures les plus acrobatiques et poétiques auxquelles ils se livrent sous le ciel havrais. Beaucoup de grâce ou de cocasserie dans ce film où les courses poursuites en tout genre sont légion (à pied, en scooter, en voiture..).
La plupart des critiques ont souligné la filiation avec les comiques burlesques tels, J.Tati, B.Keaton ou P.Etaix et les auteurs revendiquent un jeu centré sur le langage du corps.
Bref un film fantaisiste, créatif et humaniste (un surréalisme qui pourrait être qualifié de social). La Fée a ouvert la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes et a réussi à égayer le festival tout en respectant la tradition cinéphilique.
Après L’Iceberg et Rumba, on pouvait craindre que le filon burlesque du trio franco-canado-belge Abel/Gordon/Romy ne s’épuise un tantinet. Danger intelligemment écarté dans La Fée, présenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en mai dernier.
(Théo Ribeton)
Alors que L’Iceberg, puis Rumba, faisaient figure de coups d’essais décalés et un peu isolés, se dessine maintenant un ouvrage bien plus grand, dont cette Fée poursuit l’avancée. Il s’agit bien de continuer, de s’en tenir à ces personnages, à ce langage du geste, à cet humour de saynètes et de pantins.
Télérama (Jérémie Couston)
La caméra bouge peu, chaque plan-séquence est composé au millimètre. Avec un sens de la dérision permanent. Nostalgiques de l’âge d’or du « slapstick », d’un cinéma qui savait déclencher, en une sim-ple dégringolade, le rire et les larmes, ces néo-Laurel et Hardy se révèlent des as du dérapage contrôlé, mélancolie incluse.
"La Fée" est un film déroutant, qui renoue avec la magie lunaire des décors de Méliès, l’univers burlesque des films muets de Chaplin ou Buster Keaton et l’humour décalé, la silhouette dégingandée de Jacques Tati : la ville du Havre, ville à l’honneur actuellement chez Kaurismaki, avec ses immeubles, ses docks et ses rues rectilignes, offre un cadre moderne, à la fois réaliste et stylisé, et dessine avec ses immigrés cachés sur la plage ou dans un coffre de voiture une piste sociale cependant peu exploitée : à la chronique d’une époque et à la caricature - de policiers peu avisés pour stopper une pompe à pétrole, du client anglais compulsant sa méthode Berlitz à l’entrée de hôtel, de malades fumant à l’entrée de l’hopital - Abel, Gordon et Romy préfèrent la déambulation amoureuse et mélancolique de leurs deux héros, lui gardien stressé, elle fée s’introduisant dans sa vie pour exaucer ses trois voeux : un scooter, de l’essence, le troisième, à l’image du film, étant de prendre son temps, de savourer l’enchainement des gags, l’imprévisibilité des situations, l’incroyable torsion et souplesse des corps... Sans doute ces gags sont-ils parfois répétitifs et l’univers qu’ils construisent-ils pas à pas, de film en film, ne délivre-t-il pas de message, ni n’interroge en profondeur la société : ils n’en restent pas moins excellents et d’une rare efficacité, dans les courses-poursuites comme dans les moments décalés et émouvants, tel ce chant de Kurt Weil bouleversant entonné dans le café par des rugbywomen bien en chair. Le plus souvent, en artistes venus du cirque, les deux acteurs donnent vie aux objets - ce sac sur pattes où est enfermé...le chien du client anglais puisque l’établissement est interdit aux animaux - ou créent une hybridation entre l’homme et la matière, avec ce corps double de la femme et du mari sortant de l’hopital ou tirés-étirés jusqu’à la rupture par les policiers, le patron bigleux du bar qui, tel un automate, se heurte aux tables et aux clients dès qu’il veut servir... Ces corps désarticulés ou unis en polichinelle, aux prises avec la répression policière ou hospitalière, ces corps nus miroitants dans leur bain de minuit disent entre burlesque et chronique sociale la féérie du quotidien - et l’ineffable tendresse d’un "amour flou."
Claude
fr
Films depuis 2009
Année 2011
La Fée
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