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Film norvégien (vo, 1h55, novembre 2011) de Marius Holst avec
Stellan Skarsgard, Kristoffer Joner et Benjamin Helstad.
Titre original : Kongen av Bastøy
Synopsis : Hiver norvégien, début du 20ème siècle. Dans la maison de redressement de Bastoy, un nouveau détenu pousse les autres à se révolter contre une direction autoritaire et brutale. Une violente émeute commence alors mais jusqu’où sont-ils prêts à aller ?
(des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs)
Marius HOLST est également producteur, c’est son 4ième long métrage, premier à sortir en France.
Autres réalisations ou productions :
1994 "Cross my heart and hope to die"
2005 "Next door"
2006 "Nouvelle donne".
Ce film présenté dans plusieurs festivals a reçu des prix et a été nominé :
Quatrième long métrage de M. Holst, premier diffusé en France, Les révoltés de l’île du diable nous entraîne au début du 20ième siècle sur la petite île désolée et glacée de Bastoy, perdue dans le désert neigeux de l’hiver norvégien. En 1915 un jeune homme entre dans le camp de redressement pour jeunes garçons délinquants ouvert par l’Etat. Dans cet établissement déshumanisé il est confronté aux travaux forcés, aux violences et humiliations multiples infligées par des surveillants tout puissants. Refusant la soumission le jeune homme va entraîner ses compagnons d’infortune dans la révolte. Ce sera une explosion de violence, jusqu’où ira-t-elle ?
Ce récit est tiré de l’histoire vraie de l’institution BASTOY pour jeunes garçons créée en 1896 suite à une décision parlementaire visant à "venir en aide aux enfants négligés par leurs parents". Plutôt que de punir il s’agissait de donner une éducation conforme aux critères de bienséance de l’époque afin d’éviter aux jeunes de devenir de grands délinquants.
Enfant M. Holst habitait non loin de cette île, autour de lui on en parlait comme d’une légende ou d’un mythe. Un entretien avec un vieil homme qui y avait séjourné a provoqué sa curiosité et l’idée d’un sujet pour un film. Il a pu consulter les archives de l’institution (lettres, journaux intimes, Règlements) a recueilli des témoignages directs de pensionnaires des années 30-40. Il a consulté des documents sur les émeutes qui s’y sont déroulées en 1915 et sur la manière dont l’Etat les a réprimées en envoyant l’armée.
Il a été frappé par le fait que ces événements se soient déroulés dans un pays réputé par son pacifisme avec des jeunes dont, nous dit-il, "La plupart n’avaient commis aucun crime, et ceux qui s’étaient attirés des ennuis n’étaient jamais passés devant un tribunal. Ils étaient âgés de 8 à 21 ans et, pour la grande majorité, leur seul crime était d’être issus d’un milieu pauvre et défavorisé, de vivre dans une famille monoparentale ou d’avoir des parents alcooliques ...".
Le film, porté par le grand acteur Stellan SKARSGARD et de jeunes amateurs, s’organise en 2 temps : d’abord l’ordre, ensuite la révolte. Certes on y trouve tous les clichés sur la représentation des prisonniers (matricule, tête rasée, isolement, nourriture insuffisante…) et les figures du genre imposées (l’arrivée au centre, les luttes entre leaders, les humiliations…). Mais la violence des situations est exacerbée par la rigueur du climat, par l’atmosphère glaciale, la mer houleuse, les étendues neigeuses immaculées qui renforcent le sentiment d’isolement, d’oppression et d’abandon. Le blanc, omniprésent dans le film, les couleurs froides, ne sont pas sans nous rappeler les œuvres des peintres norvégien Munch et danois Hammershoi.
Le cadre, l’intensité du jeu des jeunes acteurs, le réalisme brutal de cette histoire vraie donnent de l’intensité dramatique à ce film qui aurait pu n’être qu’un nième film sur une prison d’enfants.
Francis Dubois
L’institution de Bustoy fut créée au début du 20ème siècle en Suède, pour accueillir des adolescents indociles. Les règles en vigueur dans l’établissement, basées sur un fonctionnement d’une extrême rigueur, étaient censées amener les esprits les plus rebelles à la docilité pour en faire plus tard des citoyens dignes d’être rendus "en bon état" à la société.
Lire l’article sur le site du SNES
Il était une fois le cinéma (Thavary Mam)
Les Révoltés de l’île du Diable en traitant des conditions de détention de jeunes garçons et adolescents apparaît comme un pendant masculin du long métrage The Magdalene Sisters (avec une dimension religieuse beaucoup moins présente). Cependant, le film norvégien se singularise par une dimension poétique qui sublime la narration.
Lire l’article en cliquant ici
Malek Lire l’interview du réalisateur sur le site des Écrans Salamandre
Le film "Les Révoltés de l’ile du diable" de Marius Holst est une œuvre puissante par sa beauté plastique digne de Munch, le foret dans cette ile norvégienne de Bastoy - paradoxe au pays du pacifisme - le noir et blanc des enfants captifs en uniforme sur fond d’étendue neigeuse ou de mer gelée, et par la vision de l’univers quasiment concentrationnaire de cette maison de redressement où s’affrontent des jeunes dont le seul crime est d’appartenir à un milieu défavorisé, une famille alcoolique, ou d’avoir dépouillé un tronc d’église - et des gardiens dont la cruauté n’a rien à envier à celle des truands ou des matons d’"Un prophète" de Jacques Audiard, à la férocité pateline et culpabilisatrice de Miss Ratched dans "Vol au-dessus d’un nid de coucous".
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Films depuis 2009
Année 2012
Les Révoltés de l’île du Diable
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