Film italien(vostf, 2h02) de Marco Bellocchio avec Antonio Albanese, Filippo Timi, Giovanna Mezzogiorno.
Sortie en Novembre 2009
Dans la vie de Mussolini, il y a un lourd secret que l’histoire officielle ne raconte pas : une femme, Ida Dalser, et un enfant, Benito Albino – conçu, reconnu puis désavoué. Ida rencontre Mussolini de manière fugace à Trente et en est éblouie. Elle le retrouve à Milan où il est un ardent militant socialiste qui harangue les foules et dirige le quotidien l’Avanti. Ida croit en lui, en ses idées. Pour l’aider à financer le Popolo d’Italia, point de départ du futur parti fasciste, elle vend tous ses biens…
Lorsque la guerre éclate, Benito Mussolini s’engage et disparaît de la vie de la jeune maman, qui découvrira avec stupeur qu’il est déjà marié avec une autre femme. Ida n’aura dès lors de cesse de revendiquer sa qualité d’épouse légitime et de mère du fils aîné de Mussolini, mais sera systématiquement éloignée de force et son enfant mis dans un institut.
Pourtant, elle ne se rendra jamais et ne cessera de revendiquer haut et fort sa vérité.
Cahiers du Cinéma Cyril Béghin
Quand l’excès mélodramatique et l’audace formelle s’accompagnent ainsi, on est proche d’un grand rêve de cinéma.
Chronic’art.com Vincent Malausa
"Biopic halluciné autour de la figure du Duce (...), Vincere dégage de sa forme opératique une énergie furieuse, démente et crépusculaire."
Excessif La rédaction
La beauté intrinsèque de Vincere (Vaincre) réside donc dans ce combat acharné pour la vérité. Ni les instituts psychiatriques, ni l’enlèvement de son fils adoré ne feront plier Ida Dalser. La voir lutter avec acharnement, mourir un peu plus à chaque plan, a quelque chose de bouleversant
Le Figaroscope Emmanuèle Frois
Une grande fresque, puissante et tragique
Le Monde Jacques Mandelbaum
Le nouveau film de Marco Bellocchio, qui fut bien avant Nanni Moretti l’enfant révolté du cinéma italien, est une oeuvre magistrale, un geste stylistique, poétique, politique d’une rare envergure.
Les Inrockuptibles Jean-Baptiste Morain
La musique omniprésente, les costumes, l’érotisme et la passion des scène d’amour, le souffle de la mise en scène, l’usage de gros plans intenses et le jeu expressionniste des acteurs – qui sont tous remarquables
L’Humanité Jean Roy
L’oeuvre développe une tension accrue, atteigant son sommet alors qu’Ida tente une fois de plus de recouvrer la liberté. (...) Il y a longtemps que ce cinéaste ne nous avait autant enthousiasmés.
Libération Marc Semo
La force du film est de mêler l’histoire et l’intime.
Marianne Danièle Heymann
Flamboyant (...) Film-Opera, furieux, spectaculaire et tragique comme tous les plus beaux opéras (italiens) du répertoire.
Positif Christian Viviani
Une mise en scène d’une rare virtuosité. Le festival de Cannes a scandaleusement ignoré une oeuvre qui pouvait aussi concourir pour le prix d’interprétation féminine.
Télérama Aurélien Ferenczi
Un torrent, un monstre de fiction qui brasse tableau du fascisme, histoire du XXe siècle et réflexion sur la folie. (...) C’est bouleversant.
Le Nouvel Observateur Pascal Mérigeau
S’appuyant sur d’extraordinaires archives, le cinéaste italien retrace le drame d’Ida Dalser, première épouse de Mussolini et mère de son premier enfant.
Le Parisien Alain Grasset
[Giovanna Mezzogiorno] : aussi bouleversante que Romy Schneider
Paris Match Christine Haas
Marco Bellocchio associe politique et psychatrie pour brosser le portrait exalté d’une petite femme italienne qu’aucun pouvoir ne fera fléchir.
20 Minutes Stéphane Leblanc et Caroline Vié
Cette chronique historique et intimiste ne dégagerait pas la même émotion sans la prestation de Giovanna Mezzogiorno.
Brazil Johan Girard
Si Vincere est une réussite incontestable sur la forme (...), on ne peut pas en dire autant du fond, trop mécanique, répétitif, voire lassant (...)
La Croix Arnaud Schwartz
Le film dessine le portrait d’une femme obstinée jusque dans le désespoir, formidablement incarnée par Giovanna Mezzogiorno.
Le Journal du Dimanche Alexis Campion
Un film à la fois simple et grandiloquent, tenu par deux acteurs exceptionnels.
MetroLa rédaction
Si le film de Marco Belocchio est de facture trop classique, il vaut surtout pour l’interprétation enflammée de Giovanna Mezzogiorno.
Première Véronique Le Bris
Dès que Bellocchio se replie sur l’intime, un sujet qu’il manie pourtant d’habitude si bien (...), sa verve cinématographique perd l’ampleur dont il fait preuve en décrivant le contexte politique et social de l’époque.
TéléCinéObs Nicolas Schaller
Ne craignant ni l’emphase ni l’imagerie sulpicienne, Marco Bellocchio les transcende grâce à l’interprétation d’une Giovanna Mezzogiorno dévouée corps et larmes et au souffle opératique de sa mise en scène (...).
Malgré la froidure, qui n’ avait attiré qu’une petite dizaine de spectateurs en ce jeudi 17 décembre, "Vincere" - ou vaincre, titre inspiré du fameux slogan fasciste - a tenu ses promesses, célébrées par une presse quasi-dithyrambique, par-delà quelques réserves de spectateurs sur la portion congrue faite à la fresque historique (la montée du fascisme n’est pas le propos du cinéaste, de son propre aveu) par rapport au drame intimiste ou sur le caractère baroque, théâtralisé à l’extrême, voire grandiloquent de cette oeuvre qui aurait bien mérité un prix à Cannes : on avait d’ailleurs pensé au prix d’interprétation féminine, finalement attribué à Charlotte Gainsbourg dans "Antichrist", pour Giovanna Mezzogiorno. L’actrice romaine joue une formidable Ida Dalser, première épouse (officieuse), sinon première femme de Mussolini, qui rencontre le futur Duce à Trente en 1907, le retrouve à Milan en 1914 - alors qu’il connaît déjà Rachele Guidi depuis l’adolescence et lui a donné une petite fille, Eda - la future Eda Ciano - en 1910 ; follement amoureuse du jeune et brillant journaliste socialiste et anti-clérical, directeur de "L’Avanti", elle lui donne tout - son corps, son âme, sa fortune - allant jusqu’à vendre son salon de beauté et à vider son appartement pour financer la création d’un nouveau journal "Il Popolo d’Italia", rampe de lancement du Parti National Fasciste ; un mariage religieux (dont aucune trace écrite n’a pu être retrouvée) aurait eu lieu entre Mussolini et Ida Dalser en septembre 1914 juste avant qu’Ida, se précipitant au chevet de son amant blessé à la guerre, ne découvre avec stupeur que l’infirmière penchée au-dessus de lui n’est autre que sa...première femme, Rachele, accompagnée de sa petite fille, Eda, 4 ans déjà ; cela n’empêchera pas Mussolini de donner à Ida un garçon, prénommé Benito Albino, en novembre 1915 - et encore moins d’épouser... Rachele, la rivale d’Ida, un mois plus tard. Ida sera internée parce qu’elle dérange à crier sa vérité et mourra en 1937 d’hémorragie cérébrale après 11 ans de réclusion auprès de bonnes soeurs patelines qui ne lui permettront pas de revoir son fils ; quant à ce dernier, condamné à vivre en pension dans des collèges militaires et également interné, il mourra de marasme en 1942 à l’âge de 26 ans - son père l’ayant fait rebaptiser Dalser puis Berardini du nom de son tuteur préfet de Rome ! Incroyable chassé-croisé de mariages, de naissances, endossés puis reniés par des réclusions ou des falsifications - bigamie cynique et sans complexe d’un personnage sans scrupule, qui aime à dominer, à manipuler les femmes comme les foules. On admirera la scène d’amour entre Ida et le jeune Mussolini, une femme éperdue, se donnant totalement - tandis que, chevauchant sa conquête, l’homme amoureux peut-être mais sûrement dominateur se trahit par ce regard de braise, mi-rapace, mi-félin où brille une lueur fauve. Tout est dans ce regard ; tout le Duce est là, dans cette silhouette nue, féline et massive, qui s’avance vers le spectateur dans un travelling arrière et semble trouer la nuit avec l’arrogance de l’Homme nouveau... A moins qu’il ne faille y voir une image de l’homme en général, en qui luiraient trop souvent le contentement de la chair et l’orgueil de la possession plus que l’amour vrai ?
Le film est une vraie réussite en ce qu’il éclaire la grande Histoire, non par le petit bout d’une lorgnette voyeuriste mais par la tragédie intime et publique d’une femme passionnée, Antigone écrivant des lettres désespérées au roi, au pape, à tous pour clamer son amour, sa souffrance, la trahison subie - Médée entraînant malgré elle son fils dans son naufrage psychiatrique... Mais entendons-nous bien : Bellochio la présente moins comme une folle que comme une passionnée qui va jusqu’au bout de son chemin de croix, qui n’abdique jamais ! Au-delà de l’hystérie qui n’est que la pointe extrême d’une douleur légitime, c’est le combat de la vérité contre le mensonge, de l’amour vrai contre la séduction passagère, de l’individu contre l’appareil politique et de la passion contre la raison d’Etat ou les compromis cléricaux et moralisateurs qui est ici mis en scène : dès lors, la démesure baroque de cette oeuvre, l’exposition futuriste qui tourne à la désillusion amoureuse (Mussolini prenant Ida d’assaut pour la rejeter définitivement !), la musique parfois tonitruante de Carlo Crivelli, la mise en abyme du cinéma projetant l’ombre du Duce dans des images d’archives - oui, cette démesure à la Zeffirelli - osera-t-on dire à la Fellini ? - est à la mesure d’une femme blessée et sans concession. Sans doute y-a-t-il une part de fanatisme amoureux dans l’attitude d’Ida, d’aveuglement devant le dictateur qu’est devenu l’homme tant aimé. A cet égard, l’idée de remplacer l’acteur jouant Mussolini, Filippo Timi, par le personnage historique, en image d’archives, avant de retrouver le même comédien en "fils caché du Duce", en Benito Albino caricaturant les grimaces haineuses et dérisoires de son père démagogue, prononçant des discours en allemand, pour ses camarades étudiants, est remarquablement éclairante : elle témoigne d’une dégradation progressive de la figure de l’homme aimé, jeune militant socialiste, encore apparemment généreux mais déjà fort ambitieux : dans la deuxième partie du film, il n’est plus que cette ombre gigantesque qui se dresse sur un écran de cinéma devant une Ida bouleversée mais ses autres apparitions en images d’archives semblent en dissiper le visage dans un flou onirique, comme si s’éloignait inexorablement l’homme tant aimé, fantôme d’amour, vapeur de folie. On ne saurait mieux dénoncer le fascisme historique, manipulation des âmes, que par le prisme de cette tragédie familiale, dans cet épuisement de l’image amoureuse et cette revanche grotesque du fils renié reniant son père dans une grimace grotesque à la Jérôme Bosch.
Il n’empêche : qu’elle l’ait aimé lui ou qu’elle ait aimé l’amour même, que cette passion ait été une damnation ou une chance ("tout le monde ne peut se vanter d’avoir été la maîtresse du Duce !" - lui susurre une religieuse curieusement concupiscente), elle reste fidèle à elle-même : "Ne m’oubliez pas !’ - criera-t-elle à la fin, toujours prête à jeter des bouteilles ...au fleuve, à grimper aux grilles des asiles comme à l’assaut d’une montagne d’indifférence. A écrire des lettres sans fin et sans nombre qui jonchent sa cellule - pathétique et tragique proclamation digne du Cohen de "Belle du Seigneur" ou du destin inouï d’une autre célèbre recluse : Camille Claudel. Et si c’était elle qui avait vaincu, finalement, par sa soif d’absolu, par son inépuisable révolte ...!?
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Films depuis 2009
Année 2009
Vincere
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