Ces personnages hallucinés semblent n’avoir que des réactions instinctives, des peurs ou désirs primaires ; ils ne peuvent, dans le déroulement du programme tragique fixé d’emblée, face à l’inéluctable menace du destin - la guerre civile - que se laisser porter par le courant ou l’épouser avec une rageuse indifférence, témoin ces regards tout à la fois vides et aigüs des enfants-soldats. "Cette vision plausible de notre monde à plus ou moins longue échéance" nous marque d’autant plus que la structure du film, en spirales et en flash-backs déconcertants, semble l’aspirer vers un point névralgique indéfini, origine de toute violence, matrice de toute folie : l’envie des voisins, la haine raciale, le délire de Maria, le déchirement entre colonisés au départ des colons qu’ont pu connaître les harkis en Algérie. Cette structure en boucle serait assez - rappelle Christiane - la marque de la scénariste romancière Marie N’Daye.
Exil, menace, chaos - ce film, finalement, s’apparente à "Disgrâce", récemment proposé par les Cramés, à cette différence près - souligne Henri -que l’ histoire sud-africaine offre l’espoir d’une reconstruction : on y sent toutefois la même atmosphère pesante, une menace indicible servie par une musique lancinante, la haine irréconciliable et désespérante que le professeur blanc, témoin du viol de sa fille, tente pourtant de conjurer...
Claude
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